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23/04/2008

Impressions de Mai 1968 d’un lycéen amiénois !

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En mai 1968, j’étais en 1° à la Cité scolaire et nous étions en grève !

Pour être franc, je ne saurais vraiment pas définir Nous. La télévision existait mais elle était la voix de la France, seules les radios appelées à l’époque périphériques, c'est-à-dire Europe 1 et RTL, donnaient un aperçu de la situation de Mai 68 dans le quartier latin à Paris.

Le Mouvement du 22 mars, nous était passé de côté. Alors, nous n’avions pas cours – qui était véritablement en grève, les professeurs, les lycéens, l’administration scolaire ?

Les professeurs tout aussi dépassés que nous par les événements essayent de nouer un dialogue avec nous – la chose n’était guère facile car nous avions quand même vécu, toute notre scolarité y compris à la Cité scolaire sous le règne du caporalisme !

C’est cela que le candidat Sarkozy semble ignorer lorsqu’il fait son discours, sur Mai 68, cause de tous les malheurs de la France. La majorité des lycéens et étudiants, puis après les ouvriers ne voulaient pas pendre haut et court, les professeurs, les employeurs, les recteurs, les ministres. Ils étaient las des petits chefs !

Un exemple de l’ambiance psycho rigide à la Cité (et ce n’était pas le lycée le plus draconien) : au bâtiment A, qui regroupait les élèves de 3°, seconde, première et terminales, les plus jeunes étaient au troisième étage. Les cours commençaient par exemple à quatorze heures mais la montée des escaliers pour les élèves de troisième qui étaient au troisième étage, commençait à 13h45. Si vous aviez quelques secondes de retard, vous deviez attendre que tous les élèves soient montés dans tous les étages pour aller au troisième. Résultat vous arriviez légèrement en retard en cours, ce qui vous obligeait à redescendre chercher un billet chez le surveillant général et à reprendre les cours – soit au plus vite à 14h15. Si vous aviez un prof règlement – règlement, lors d’une interrogation écrite vous étiez mal !!

Ces exemples d’autoritarisme peuvent être multipliés à l’infini.

Les profs qui avaient toujours connus ce régime dans leur grande majorité ne comprenaient pas. Des débats s’amorçaient mais sans grande conviction. Le sentiment pour les lycéens et les profs que le ciel nous était tombé sur la tête.

Dans le rang des profs quelques exceptions : Plon-Plon (ceux qui l’ont connu le reconnaîtront), le prof d’histoire – brillant, cultivé, lecteur assidu du journal le Monde, cette faculté de vous expliquer un point d’actualité en 10 minutes : « Monsieur, le franc vient d’être dévaluer, ça veut dire quoi ? » - et avec énergie, pédagogie, il vous expliquait la dévaluation du franc comme on explique comment jouer à un jeu de cartes. Il faisait partie de ceux qui avaient compris que « l’histoire bougeait ». Il y avait un autre prof, qui a marqué ses lycéens et ceux de la Cite, c’est Jean-Pierre Autret : professeur de français, acteur amateur au Carquois, il filmait avec une caméra super 8, les évènements amiénois.

Tout cela se passait dans un grand calme, dans une grande modération. Nous avions l’impression qu’il y avait deux « Mai 68 » - celui du quartier Latin que nous retrouvions le soir en rentrant chez nous avec la radio et notre « Mai 68 », des espèces de vacances avant l’heure.

J’ai réellement compris que Mai 68 était un mouvement plus profond que notre espèce de léthargie de collégien lorsque les mouvements ouvriers sont entrés dans le mouvement. Les transports étaient paralysés, les parents voyaient les files d’attente devant les magasins et commençaient à nous parler de la guerre !! De Gaulle, tout aussi surpris que nos profs de ce mouvement, allait voir Massu en Allemagne, Pompidou posait des jalons depuis l’Italie, pour se mettre à disposition quant à la gauche, elle ne savait que faire.

Voilà brossé à grands traits mes premiers souvenirs qui me reviennent quand je pense à Mai 68, aujourd’hui, mais il y en a bien d’autres...

Vos contributions sur le sujet sont les bienvenues.

Blaise.

10:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : mai 68, amiens, souvenirs

Commentaires

@ Tous

J'ai le net sentiment que Mai 1968 ne passionne pas les foules, il me semble sage de changer de sujet.

Je lance en fin de semaine un sujet plus d'actualités!!!

Écrit par : Blaise | 24/04/2008

@Blaise

L'absence de commentaires ne signifie pas un manque d'intérêt à mon avis, mais refléte surement une plus faible moyenne d'âge. Les gens de ta génération ne représente pas la majorité sur internet ;) (désolé:D)
Perso, ton post m'a beaucoup interressé, mais voilà, moi en 68 j'étais pas né, même pas encore en projet, il m'est donc difficile de contribuer à ton Post anecdotique. Je ne prends cependant pas moins de plaisir a le consulter;)

Mélar

Écrit par : mailart | 26/04/2008

Les commentaires sont fermés.

 
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